Les Vaudois en Pays d'Aigues
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Qui était les Vaudois?
On appelle « Vaudois » (ou « pauvre de Lyon ») les disciples de Pierre Valdo, un riche notable lyonnais, qui s’était converti vers 1170 pour mener une vie de pauvreté conforme à l’idéal chrétien et prêcher l’Evangile au peuple, selon le commandement de Jésus Christ.
Condamnés au concile de Vérone (1184), les Vaudois furent rejetés par l’Eglise officielle et persécutés au long des siècles. Ils se réfugièrent dans les zones montagneuses et retirées d’Europe : Bohême, Calabre, Piémont, Dauphiné.
Exerçant les métiers de commerçant, artisan ou paysan, ils restèrent fidèles à leurs pratiques religieuses d’origine (tout en fréquentant les églises) : prière en famille, lecture de la Bible en langue vulgaire, stricte application des commandements de Dieux (interdiction de serment, de l’homicide...). Ils recevaient régulièrement la visite des « barbes » ou prédicateurs itinérants pour la prière, l’étude de la Bible, la confession des péchés. C’étaient des hommes estimés pour leur travail, leur valeur morale. Souvent ils savaient lire et écrire, chose rare à cette époque. |
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Pourquoi des Vaudois dans notre région ?
C’est à partir de 1450 que les Vaudois de Piémont et Dauphiné commencèrent à descendre vers la Provence, en groupes ou familles entières, ceci à cause du surpeuplement et de la pauvreté des vallées alpines, mais aussi des persécutions qui se déchaînèrent contre eux dans les diocèses de Turin et d’Embrun.
N’oublions pas qu’à la suite de la Guerre de Cent ans a sévi en Europe une grave crise économique et sociale, accentuée en Provence par les pestes, les guerres, les pillages, le brigandage généralisé.
Vers 1470-1480, la plupart des villages du Luberon étaient abandonnés et les habitants s’étaient réfugiés dans les villes ou bourgs fortifiés. C’est pour remettre en valeur le terroir déserté que les seigneurs locaux firent venir ces paysans vaudois et les réinstallèrent sur leur terre.
Les seigneur de la Tour d’Aigues, les d’Agoult d’abord, les Bouliers ensuite signèrent avec des groupes de chefs de famille des conventions ou « actes d’habitations » pour repeupler les villages de Cabrières d’Aigues (1495), la Motte d’Aigues (1505) st Martin de la Brasque et Peypin d’Aigues (1506). Le seigneur distribuait aux nouveaux habitants des emplacements à bâtir, des champs à cultiver (3 à 4 habitants par famille), ceci contre versement de redevances en nature et en espèces, obligation d’utiliser le moulin et le four seigneurial et de lui rendre l’hommage féodal. |
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La vie dans les villages du Pays d’Aigues aux XVI et XVIIème siècle
Dans la campagne, on construisit alors de grandes bastides en pierre (que l’on peut voir encore !), au toit de tuiles, avec un four, un puits et autour des bois, des terres à blé et des prairies.
Là vivaient de grandes familles. A l’intérieur du village, chaque famille disposait d’un terrain pour bâtir la maison avec écuries et cours, le logement des gens se trouvant à l’arrière de celui des animaux.
La famille disposait aussi d’un jardin et d’une chènevière, pour la culture du chanvre, servant à tisser les toiles. Sur ses terres, le paysan doit cultiver céréales, légumes, oliviers, arbres fruitiers.
Oliviers, noyers et amandiers sont plantés dans les vignes et chaque famille produit la quantité de vin nécessaire à la consommation. Les habitants peuvent nourrir sur le territoire autant de part qu’ils veulent, le troupeau commun étant mené par un porcher communal. Ils peuvent aussi avoir autant de vaches et chèvres qu’il leur est possible d'en nourrir, mais sans en faire un troupeau commun.
La vie est pauvre : maisons au toit
de chaumes et sol en terre battue, mobilier rudimentaire (paillasses, accessoires et coffres).
La nourriture est à base de galettes (épeautre, sarrasin), de soupes (choux, raves, navets) et de lard de porc. La consommation de viandes et volailles est réservée aux fêtes. La famine sévit souvent lorsqu’il y a eu mauvaise récolte l’année précédente. Les conditions d’hygiène sont très mauvaises, d’où une importante mortalité des enfants et des femmes en couches. Il fallait aussi souvent faire face aux épidémies de peste, variole et autres maladies dont les causes étaient inconnues et pour lesquelles il n’existait pas de remèdes. |
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Pourquoi les paysans vaudois du Luberon ont-ils été persécutés au XVIème siècle ?
Lors de leur installation en Pays d’Aigues, les paysans vaudois s’intégrèrent facilement et connurent la réussite. Ils furent laissés en paix. Mais à partir de 1525-1530, la persécution se déchaîna. Le roi François 1er prit peur devant la diffusion des idées réformatrices de Luther en France et aussi devant la mise en cause des bénéfices écclésiatiques, qui constituaient une ressource importante.
Il ordonna au Parlement de Provence de poursuivre les « hérétiques vaudois ». Celui-ci les pourchassa et prit des « arrêts » contre eux, en particulier le célèbre « arrêt de Mérindol » en 1540, prévoyant la destruction de tous les villages vaudois du Luberon et Comtat Venaissin si les habitants n’abjuraient pas leur hérésie.
En 1545, François 1er ordonna au Parlement de Provence de passer à l’action. Les forces militaires commandées par Maynier d’Oppèdes, Président du Parlement et Polin de la Garde, général des galères, se rassemblèrent à Pertuis à Pâques 1545 pour attaquer les villages vaudois de tout le Sud Luberon. Le 16 Avril, alors que les villageois s’étaient enfuis dans la montagne, les soldats prillèrent et brûlèrent tous les villages vaudois. Ils massacrèrent les pauvres gens restés sur place.
Au bout de quelque temps, malgré les condamnations, confiscations et amendes qui les avaient frappés, les habitants purent revenir et remettre en état les champs et maisons, sous la protection du jeune seigneur de la Tour d’Aigues et de sa grand-mère et tutrice, Madame de Cental. Un procès fut même intenté devant le roi et le Parlement de Paris, contre les massacreurs. Ils furent même condamnés (longtemps après !) mais sans grandes conséquences pour eux.
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Le ralliement des Vaudois à la réforme, protestante.
Devant la violence de la répression et la menace de l’Inquisition, les Vaudois du Luberon recherchèrent la protection des grands réformateurs de Suisse et d’Allemagne. Après de longues négociations doctrinales, ils acceptèrent de se rallier à la réforme protestante, lors du synode de Chanforan (Val d’Angrogne – Piémont) en septembre 1532. Peu à peu, c’est vers Genève (la Rome protestante) qu’allaient se tourner les vaudois, comme vers un refuge et un modèle.
Ils subirent l’influence de pasteurs protestants, venus de Genève, soutenir leur résistance.
Vers 1555-1560, les vaudois de nos villages du Sud Luberon tournent radicalement le dos à l’Eglise Catholique et se constituent en « églises dressées ». Nos villages du pays d’Aigues (Cabrières – La Motte – St Martin – Peypin) deviennent majoritairement protestants, avec un pasteur résident, un diacre, un consistoire d’anciens et souvent une école avec son régent. Les prêtres ayant déserté la campagne, les églises sont souvent utilisées comme temples.
Lors des guerres de religion, de 1526 à 1598, le Pays d’Aigues fut relativement épargné, car à l’écart des grands axes de communication. Cependant entre 1585 et 1590, les différentes factures de la noblesse provençale (ligueurs catholiques, royalistes modérés favorables à Henri III et seigneurs protestants) s’affrontèrent violemment dans le secteur de la Tour d’Aigues – Cadenet – Pertuis. Les troupes du duc de Savoie, appelées par la Ligue Catholique, occupèrent la région. Les villages furent pris et repris par les différentes armées. A la fin de cette guerre, le pays était complètement dévasté.
En 1598, le roi Henri IV rétablit la paix civile par l'Edit de Nantes, accordant la liberté de culte aux Protestants dans certains lieux. Ils s’en suivra une longue période de paix et prospérité pour les villages de notre région au XVIIème siècle. |
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